lundi 15 avril 2019

L’agneau fribourgeois

Ovins de Cheyres!


L’agneau fribourgeois

Pâques, grillades, Bénichon, l’agneau est présent sur bien des tables de fête! Sébastien Bise et sa compagne Siulene proposent de la viande d’agneau fribourgeois en vente directe à Cheyres sous le nom de Vitagneau. Rencontre avec les tenanciers d’une exploitation agricole peu commune qui joue à saute-mouton entre élevage d’ovins et viticulture. 

 

C’est entre lac et coteaux, à Cheyres, que paissent en plaine les moutons de Sébastien Bise, au gré du vent et des saisons. Aussi loin qu’il s’en souvient, le jeune Broyard a toujours voué une vraie passion pour la paysannerie, avec une préférence pour les ovidés. Même si son père n’était pas agriculteur, Sébastien a toujours vécu au milieu des vignes - patrimoine familial - et entouré d’animaux: d’abord des chèvres, remplacées ensuite par des moutons. Cet amour de la terre et des bêtes va le poursuivre. Après une première formation de mécanicien sur machines agricoles, Sébastien se lance en 2005 dans un apprentissage de viticulteur en Valais. Outre de s’occuper d’un troupeau de moutons, la famille Bise cultive également 3 hectares des vignes dont le raisin est rassemblé à la coopérative des Vins de Cheyres.

 

L’un des plus grands troupeaux de Suisse romande
Quelques années plus tard, en 2016, Sébastien retourne vers le mouton et part en France pour suivre une formation de berger. Dès lors, il mène son domaine sur les deux fronts: viticulture et élevage d’agneaux. Et pas un élevage d’opérette! Le troupeau des Bise ne compte pas moins de 900 têtes, ce qui en fait l’un des éleveurs d'ovins plus importants de Suisse romande. Mais il peut compter sur l’aide indéfectible de Siulene, sa compagne paraguayenne qui le seconde avec douceur et efficacité dans toutes les tâches.

 

Des naissances toute l’année
Les moutons élevés à Cheyres proviennent de trois races, La Romane, la Noire du Velay et la Charollaise. Ces différentes espèces ont l’avantage de mettre bas tout au long de l’année, même si plus de la moitié des agnelages se font entre janvier et avril. L’élevage de ces différentes familles ovines permet de gérer naturellement les naissances, sans avoir recours aux hormones de stimulation. De plus, l’éleveur est assuré d’une production stable annuellement satisfaisant aux demandes du commerce. Ainsi, la bergerie, bâtiment principal de l’exploitation, est utilisée comme pouponnière dans laquelle ça gigote de partout. Lors des périodes de fréquents agnelages, Sébastien et Siulene sont sur le qui-vive, ils dorment dans un camping-car stationné à côté et, toutes les deux heures, ils se lèvent pour contrôler que les naissances se déroulent au mieux.

 

Des agneaux broyards sur les alpages gruériens
En avril, les moutons passent à la tonte pour entrer en mode été. La laine est revalorisée pour de l’isolation de bâtiment, maigre revenu qui parvient à peine à rémunérer les tondeurs. Sitôt débarrassés de leur toison, les trois quarts du troupeau montent à l’alpage. C’est dans l’Intyamon et sur les hauts de Villeneuve, qu’estivent près de 850 moutons sur les 150 hectares d’alpages de Bonaudon, du Col de Chaude et du Col de Jorette entre le 15 mai et le 30 septembre. Pour des raisons logistiques, la transhumance s’effectue par camion. C’est ensuite une bergère qui prend le relai et qui mène le troupeau de pâturage en pâturage, relayée deux fois par semaine par Sébastien et Siulene. Les agneaux ayant ainsi pâturé tout l’été l’herbe grasse des alpages produisent une belle viande savoureuse.

 

Qui a peur du grand méchant loup?
Jusqu’à présent, les prédateurs n’ont pas testé la tendreté des agneaux de Sébastien. “Un chien de berger nous aide à rassembler le troupeau. Les odeurs mêlées du chien et de l’homme suffisent en général à tenir éloignés les lynx et les autres prédateurs”, explique l’éleveur, confiant. Avec toutefois une petite crainte pour cette année où le loup repéré dans l’Intyamon cet hiver pourrait être de la partie.

 

Tout est bon dans l’agneau
Fort heureusement, bien d’autres ventres affamés rêvent de se fournir en viande d’agneau auprès de la famille Bise! Vitagneau livre des grossistes et des détaillants, mais depuis peu des restaurants de la région. “En partant dans cette voie, notre seul souhait consistait à revaloriser chaque morceau. Les chefs locaux ont joué le jeu, se répartissant les parties convoitées”, se réjouit Sébastien Bise. Vitagneau propose également sa viande en vente directe, à la ferme ou par leur site internet. Les marchés à la ferme de Cheyres que la famille organise deux fois par année figurent comme le prélude à l’un des nombreux projets de Sébastien et Siulene: aménager à moyen terme un petit magasin sur le domaine afin d’accueillir des clients tout au long de l’année dans un espace dédié à la vente. Encore une gestation à suivre! www.vitagneau.ch

Christelle Grangier

 

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